Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique
ContactPlan du siteLiens WebPhotographiesActualité

OrganisationCompositionFonds national de la littératurePrix littéraires
PublicationsLe BulletinE-Bibliothèque

 


ACADÉMICIENS
Membres actuels
Membres décédés
Membres fondateurs
Tableau des successions

Composition


Jacques Charles Lemaire

Jacques Charles Lemaire / Photo © Jean-Luc Lossignol, ARLLFB Membre belge philologue
Élu le 25 avril 2009
Prédécesseur : Paul Delsemme
Fauteuil 7

BIOGRAPHIE

Né à Etterbeek en 1946, Jacques Charles Lemaire accomplit ses études secondaires à l’Athénée de cette commune. Un choix déterminant sera sa décision d’entreprendre des études de philologie romane à l’ULB, en 1965, à une époque où il bénéficiera encore de l’enseignement de grands philologues comme Albert Henry et Pierre Ruelle, ce qui a pu influencer sa curiosité pour le monde médiéval et spécifiquement pour une période moins bien connue, le XVe siècle.

Comme souvent à l’époque, Jacques Lemaire devient d’abord professeur de français à l’Athénée Adolphe Max, dirigé par Georges Van Hout, un préfet passionné par la double culture, mathématique et littéraire, sans compter son intérêt pour le monde des idées, en tant que responsable de l’émission La Pensée et les Hommes à laquelle Jacques Lemaire sera vite associé. Une autre influence qui le marquera, celle de Roland Mortier qui, tout en étant un grand spécialiste des Lumières et du XVIIIe siècle, va lui permettre de réaliser un projet de thèse concernant la littérature du Moyen Âge en lui obtenant un poste d’assistant, en parallèle avec ses fonctions dans le secondaire. N’étant pas médiéviste, Roland Mortier ne pouvait que lui suggérer d’enrichir une étude philologique par une prise en considération des conceptions nouvelles que manifeste la vie de cour dans la littérature française du Moyen Âge finissant. Il en résultera, en 1981, une thèse de doctorat (Le Thème de la vie curiale en France sous les premiers Valois (1328-1498)) qui reflétera l’ampleur de ces transformations. Entre-temps, Jacques Lemaire aura publié, en 1979, des témoignages d’écrivains de l’époque (Meschinot, Molinet, Villon : témoignages inédits. Étude du Bruxellensis IV 541, suivie de l’édition de quelques ballades). Par la suite, il va enseigner le français dans des institutions de la Ville de Bruxelles, telles l’Académie des Beaux-Arts et l’École de commerce. C’est en 1992 que, posant sa candidature en France, il obtient une chaire de français du Moyen Âge à l’Université de Lille où il terminera sa carrière active en 2006.

Dans Les Visions de la vie de cour dans la littérature française de la fin du Moyen Âge (1994), Jacques Lemaire développe les nouvelles conceptions de la vie de cour abordées dans sa thèse. On y voit décliner l’idéal chevaleresque au profit d’une vision juridique favorisant une bonne administration. Le pouvoir monarchique cherche à s’affermir face aux forces féodales. Cette évolution culminera avec le règne de Louis XI qui s’efforcera d’unifier la France sous l’autorité du souverain. Une rupture radicale avec les idéaux séculaires.

Tout ceci pourrait faire croire que le champ de recherche de Jacques Lemaire se limiterait aux textes du Moyen Âge. Cette fréquentation assidue l’amène à s’intéresser aussi à la matérialité des manuscrits dans une publication riche d’informations, une Introduction à la codicologie, publiée par l’Institut d’études médiévales de l’Université catholique de Louvain (1989), une discipline assez neuve (le terme lui-même n’est attesté que depuis 1949). Son objet consiste à décrire les composants du codex, soit l’ancêtre du livre, formé par la réunion de cahiers de feuillets réunis par un fil de couture. Non seulement on y découvre un vocabulaire spécialisé, mais aussi une mine de renseignements sur la fabrication du parchemin, la constitution des cahiers et même sur le temps et le salaire du travail de copie. Est aussi abordée la décoration, limitée à des travaux plus prestigieux, le plus souvent des commandes princières. Comme le signale pertinemment l’auteur, il conçoit la codicologie comme une vraie archéologie du livre manuscrit (codex) permettant d’éclairer le chercheur notamment sur la date, le lieu de réalisation, le commanditaire, etc. Le tout se voit accompagné de nombreuses et précieuses planches illustrant les divers phénomènes décrits ainsi que d’une abondante bibliographie raisonnée. On retrouvera cet intérêt pour les supports, quelques années plus tard, dans Les Reliures médiévales des manuscrits de la Bibliothèque municipale de Lille (1990).

Autre champ d’investigation : le XVIIIe siècle cher à Roland Mortier. Jacques Lemaire contribue, avec une douzaine de notices, au Dictionnaire de Voltaire (1994), en collaboration avec Raymond Trousson et Jeroom Vercruysse. Ceci l’amènera à étudier l’émergence de la franc-maçonnerie à cette époque, mais aussi la manifestation d’un antimaçonnisme très virulent (Les Origines françaises de l’antimaçonnisme (1744-1797) (1985) complété, en 1998, par une version à la chronologie élargie au XXe siècle (L’Antimaçonnisme. Aspects généraux (1738-1998). On notera aussi les articles consacrés à ce domaine dans bien d’autres publications et articles et notamment dans
La Pensée et les Hommes, une association à but philosophique dont Jacques Lemaire assume encore la présidence de nos jours.

Médiéviste, Jacques Lemaire ne se limite pas à l’examen de la langue et des lettres dans un passé lointain. On l’a déjà vu avec son intérêt manifeste pour les idées du XVIIIe siècle. Plus inattendu, mais significatif d’une curiosité toujours en éveil, un petit ouvrage : Les Clés du message publicitaire. Jeux de langue et jeux d’idées dans le discours de promotion commerciale, publié en 2003. L’auteur y aborde, sous l’angle des figures rhétoriques, bon nombre de phénomènes dont la langue publicitaire nous abreuve. On notera la précision apportée au concept flou de calembour, trop souvent confondu avec toutes sortes de «jeux de mots». Après les exposés savants appliqués à des exemples nombreux, l’auteur termine par un petit jeu qui propose au lecteur de reconnaître les procédés utilisés dans 140 énoncés publicitaires. Ainsi, une étude sérieuse peut aussi s’accommoder d’un exercice plaisant.
Ce portrait serait incomplet si on omettait de signaler que l’activité de Jacques Lemaire se poursuit à travers un vaste projet de Dictionnaire du picard médiéval en voie d’achèvement.

– Jean Klein



E-BIBLIOTHÈQUE

Originalités thématiques et textuelles du Romanz du reis Yder (circa 1210) (PDF 133Ko)
Communication à la séance mensuelle du 12 décembre 2009

Locutions et expressions idiomatiques originales dans les Angoysses et remedes d’amour de Jean Bouchet (1536) (PDF 133Ko)
Communication à la séance mensuelle du 11 février 2012


Anatole France et ses figures intellectuelles (PDF 109Ko)
Communication à la séance mensuelle du 16 mars 2013

Les Poésies érotiques d’Évariste de Parny (PDF 89Ko)
Communication à la séance mensuelle du 14 juin 2014

Les hapax dans les Faictz et Dictz de Jean Molinet (PDF 138Ko)
Communication à la séance mensuelle du 14 novembre 2015

L’analepse ou mécanisme de l’emprunt lexical réciproque (PDF 172Ko)
Communication à la séance mensuelle du 10 septembre 2016

Les figures dans les romans du cycle Rezeau d’Hervé Bazin (PDF 124Ko)
Communication à la séance mensuelle du 10 mars 2018

Une figure de rhétorique usuelle dans la littérature médiévale : l'hystérologie [PDF] [YouTube]
Communication à la séance mensuelle du 8 février 2020



DISCOURS DE RÉCEPTION (séance publique du 27 novembre 2010)

Discours de Roland Mortier (PDF 99Ko)

Discours de Jacques Charles Lemaire (PDF 108Ko)