Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique
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Prix international Nessim Habif 2013




Lauréat :

Milan Kundera pour l’ensemble de son œuvre.

Jury :

Gabriel Ringlet (coordinateur), Xavier Hanotte, Caroline Lamarche, Pierre Mertens, Jean-Luc Outers.

Autres finalistes :
In Koli Jean Bofane, Fatou Diome, Ryoko Sekiguchi, Lyonel Trouillot.

Extrait de l'argumentaire du jury :

Le prix triennal Nessim Habif récompense une œuvre écrite en langue française par un écrivain qui n’est pas Français d’origine.

Il a notamment, depuis 1964, année de sa création, consacré, entre autres, Franz Hellens et Marcel Moreau (pour la Belgique), Jean Starobinsky et Philippe Jaccottet (Suisse), Anne Hébert et Marie-Claire Blais (Québec), Andrée Chedid et Amin Maalouf (Liban), René Depestre et Patrick Chamoiseau (Antilles), mais aussi l’Américaine Nancy Huston, l’Algérien Boualem Sansal, l’Espagnol Jorge Semprun…

Cette année, il couronne Milan Kundera, écrivain tchèque, né en 1929, et dont nous savions, dès la traduction en français de son premier roman La plaisanterie, en 1968, que se profilait un grand écrivain européen. En butte aux persécutions idéologiques du régime en place dans son pays, il prend le chemin de l’exil en 1975, à l’invitation de la France, et se naturalise en 1981.

Après la publication et la traduction en français de quelques livres majeurs, Le Rire et l’oubli, Un Occident kidnappé, L’insoutenable légèreté de l’être — dont il revoit systématiquement la traduction — il écrira désormais directement dans cette langue ses œuvres ultérieures à partir de La lenteur (1995). L’œuvre entre triomphalement dans la collection de La Pléiade.

Il vient de recouvrer la nationalité tchécoslovaque, mais c’est un écrivain de langue française qu’il est loisible d’honorer dorénavant. Et l’un des plus importants d’aujourd’hui.

Contraint par l’Histoire d’écrire son œuvre dans deux langues différentes, le français lui fut offert comme une arme pour combattre l’obscurantisme idéologique du régime qui se préparait à le persécuter. Forcé de s’illustrer dans cette option, elle lui aura permis de faire rebondir son œuvre, la calamité de l’exilé devenant ainsi une opportunité. Seuls de malveillants détracteurs se sont exténués à prétendre que son génie s’était appauvri en raison de cette mutation. Alors que celle-ci lui a, au rebours, sans doute, permis d’y puiser un second souffle. Et de faire d’un écrivain de l’Est un créateur doublement européen.

– Pierre Mertens