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Prix André Gascht de la Critique littéraire 2020




Lauréat :

Jacques Franck pour l’ensemble de son œuvre de critique.

Jury :

Véronique Bergen (coordinatrice), Danielle Bajomée, Sophie Basch, André Guyaux, Yves Namur.

Autres finalistes :

Luc Honorez, Anne-Marie La Fère, Daniel Laroche, Pascale Tison.

Extrait de l'argumentaire du jury :

C’est à Jacques Franck que le Prix André Gascht 2020 est décerné pour l’ensemble de son œuvre critique. Une œuvre exceptionnelle tant par sa longévité que par son érudition, l’élégance de sa plume et la curiosité insatiable dont elle témoigne.

Entré à La Libre en 1957, après des études de droit, Jacques Franck a exercé son regard d’observateur de l’époque, féru de culture, dans de nombreuses rubriques, la culture — de la littérature à la danse, du théâtre à l’opéra —, la politique intérieure, la politique étrangère. Nommé secrétaire de rédaction en 1968, rédacteur en chef de 1984 à 1996, critique littéraire qui, aujourd’hui encore, chronique l’actualité éditoriale, Jacques Franck est un lecteur infatigable, un esprit critique ouvert aux puissances de la littérature, qui, depuis plus d’un demi-siècle, partage sa passion de la culture sans céder jamais à l’esprit du temps, à savoir l’avalement de la pensée et des arts par le divertissement. S’il tient en haute estime l’activité de la critique, il n’a jamais fait du champ critique un tribunal, voire une tribune défendant ses propres goûts.
Compréhension des formes de création, des mouvements du monde et avidité à découvrir de nouveaux esprits, de nouvelles plumes caractérisent le parcours d’un homme qui lie esthétique et éthique, acuité du regard et rapport amoureux au monde du livre, mais aussi aux univers de la danse, du théâtre, de l’histoire. On avancera le terme de mystique de l’art tout en précisant que Jacques Franck est aussi un homme qui fait de sa plume une action, et non une exclusive contemplation. 

Grand voyageur, il nous fait cheminer sur les terres de Marguerite Yourcenar, de Chateaubriand, de Proust, de Thomas Mann, des écrivains belges ou étrangers contemporains. Passionné par Béjart, nourri par Tocqueville, Raymond Aron, écrivain, Jacques Franck éclaire le paysage des Lettres de son regard bleu vif qui tient la bêtise en respect, alliant la liberté de l’intelligence à l’intensité d’un rapport sensible au réel.

Jacques Franck, un nom indéfectiblement lié à l’histoire de la presse belge, de la critique. Un passeur de mémoires, d’univers. Le bâtisseur d’une architecture du Verbe dont les mémoires intitulées La Vie est un voyage, parues en 2016, forment, comme l’écrit Jacques De Decker dans sa préface, «le chapiteau d’une œuvre qu’il nous a, durant plus d’un demi-siècle durant, édifiée patiemment et passionnément jour après jour».

D’André Breton, Julien Gracq évoque «une certaine manière de “poser la voix”». Du lauréat du Prix André Gascht, l’on dira qu’il a mis en œuvre «une certaine manière de “poser un regard”». Tout à la fois celui d’un chroniqueur de son époque, dont il n’a jamais épousé les faiblesses, les compromissions intellectuelles, et celui d’un érudit appartenant à tous les siècles, dialoguant avec les grands esprits qui ont donné une forme tantôt intellectuelle, tantôt sensible à la pensée, au monde et à la vie. Homme qui croit dans les pouvoirs et les sortilèges de la littérature, Jacques Franck est doté d’une boussole qui lui permet de s’orienter dans le corpus des Lettres. Un corpus dont il nous fait partager les grands mouvements de haute mer, les envols et les naissances.

– Véronique Bergen