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Grand prix du roman 2025

Lauréate

Emmanuelle Pol pour Jan (sur un air de jazz) (Finitude, 2025).

Image représentant Emmanuelle Pol et la couverture de son roman "Jan (sur un air de Jazz").

Autres finalistes

  • Frédérique Dolphijn, Les Oubliés (Esperluète, 2024).
  • Claire Huynen, Les femmes de Louxor (Arléa, 2025).
  • Patrick Roegiers, Satie (Grasset, 2025).
  • Giuseppe Santoliquido, Le Don du père (Gallimard, 2025).

Extrait de l'argumentaire du jury

Jan et la narratrice vivent un amour puissant et charnel malgré des parcours différents. Jan, flamand, est un pianiste de jazz qui a atteint une bonne notoriété ; la narratrice, traductrice d’origine italienne, est séduite par la Belgique, ce pays « triste et joyeux, morne et vivant, divisé, têtu, fragile, désordonné, rêveur et commerçant » dont Jan représente « la quintessence ». Angoissée, ballottée par la vie, elle est perpétuellement aux aguets devant les dangers du monde ; Jan, à l’inverse, est un candide à l’optimisme désarçonnant, porté par des devises prophylactiques – « C’est réglé », « Tout va bien ». Son secret, c’est la musique : sous ses doigts se révèle « un monde doux et pur, un monde idéal où le mal n’existait pas ». 

Mais Jan n’est pas un évaporé : c’est « un mélange très particulier d’extrême sensibilité et de total pragmatisme », dans son métier, dans ses rapports familiaux ou amicaux. Notamment avec le troisième larron, Jozef, ami d’enfance qui semble un concentré de tous les vices, l’exact opposé de Jan. Qu’y a-t-il entre eux ? Un secret bien anodin, mais qui terrifie le musicien

Portrait truculent et subtil d’une bourgeoisie vieillissante, le roman rend surtout hommage à Bruxelles et à la Belgique, au « catholicisme baroque et gourmand » du Nord qui se vit dans une improvisation digne du jazz de Jan, si différente de la « combinazione » à l’italienne. Les instants de grâce qu’on y découvre, notamment dans le visage illuminé de l’Agneau mystique, font écho à la musique, « un miracle humain, ponctuel, éphémère », comme aux moments d’amour physique, qui reviennent à « se tremper dans l’eau claire d’une source ». Si le roman finit dans la violence et le silence, il apporte un paradoxal apaisement. Celui d’un monde habitable, où les excès de violence et de jubilation finissent par s’équilibrer dans l’amour.  

 

Rapport du jury : Jean Claude Bologne



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