Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique
ContactPlan du siteLiens WebPhotographiesActualité

OrganisationCompositionFonds national de la littératurePrix littéraires
PublicationsLe BulletinE-Bibliothèque

 


PRIX
Liste des prix
Index par lauréat
Index par année

ACTUALITÉ
Lauréats de l'année

Prix littéraires


Grand prix du roman

Emmanuelle Dourson

Emmanuelle Dourson : Si les dieux incendiaient le monde


Lauréate :

Emmanuelle Dourson pour Si les dieux incendiaient le monde (Grasset, 2021).

Jury :

Jean Claude Bologne, Gérard de Cortanze, François Emmanuel, Sylvie Germain, Jean Klein, Pierre Mertens, Jean-Luc Outers.

Autres finalistes :

Hubert Antoine, Les formes d’un soupir, Verticales
Sophie d’Aubreby, S’en aller, Inculte
Zoé Derleyn, Debout dans l’eau, Le Rouergue
Antoine Wauters, Mahmoud ou la montée des eaux, Verdier

Extrait de l'argumentaire du jury :

Si les dieux incendiaient le monde, premier roman d’Emmanuelle Dourson, a enthousiasmé, sinon incendié, plusieurs membres du jury du roman.
   Grand texte choral en six longs chapitres, le roman explore un moment particulier d’une famille grande bourgeoise où la transmission se fait par les femmes, fusionnelles ou rivales.
   Traversant les mondes du père Jean, d’abord, de sa fille aînée, Clélia, du mari de celle-ci, Yvan, de leur fille aînée, Katia, tout le roman se dirige vers son lieu d’apothéose au Palau de la Musica de Barcelone, où Albane, la fille cadette, pianiste prodige, va jouer l’opus 111 de Beethoven.
   Il faut dire que tous les fils familiaux vont à ce moment-là se renouer. Car Albane a claqué la porte de la famille quinze ans auparavant, elle s’est exilée à New York et elle revient pour la première fois en Europe pour ce concert unique dans ce décor somptueux, sous le regard des Walkyries du Palau de la Musica.
   Ajoutons que Mona, la mère morte, s’invite dans l’univers intérieur des membres de la famille, son mari, ses filles, sa petite fille… Elle seule parle à la première personne et depuis l’ombre où elle se trouve, depuis l’espace invisible qu’elle a rejoint, elle semble tirer tous les fils des monologues et acheminer tout le roman vers son point d’embrasement.
   C’est cette qualité de sur-sensibilité, d’ardeur de la langue, ces accents cosmiques, «woolfiens», bribes d’un réel à la fois très concret et pourtant vibratoire, qui a emporté l’adhésion de la majorité des membres du jury.

C’est sans doute encore la tâche de la littérature de convier les dieux dans le monde et de l’incendier quelquefois. Ici, pour ce roman d’Emmanuelle Dourson, magnifiquement construit, orchestré, d’une maturité étonnante pour une primo-romancière, d’un style, d’une palette — musicale — qui promet une grande écrivaine.

– François Emmanuel