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L'Air des lettres
de Jean Tordeur

Jean Tordeur : L'air des lettres

Genre : Chroniques
Collection : Histoire littéraire / Poche
Format : 18 x 11,5 cm
Nombre de pages : 338 p.
Date de publication : 2000
ISBN : 2-8032-0035-x
Prix : 9,50 €
Préface de Jacques De Decker

À propos du livre (extrait de la Préface)

Jean Tordeur a destiné ces articles à la page littéraire du Soir, journal à la rédaction duquel il fut attaché pendant plus d'un quart de siècle, et dont il transforma profondément, lorsque des responsabilités de chef de service l'y conduisirent, le mode de traitement de la vie du livre. J'eus l'honneur d'œuvrer à ses côtés dans cette entreprise. Et d'apprendre ainsi ce qu'un compte-rendu de livre permettait de «faire passer» comme idées et réflexion. Cette contrebande-là, Tordeur y est passé maître. Jamais il ne fatigue sa plume à parler d'un ouvrage sans résonance. Comment le pourrait-il? Son oreille n'est sensible qu'à cette résonance.

Il la trouve chez ses auteurs de prédilection, auxquels il revient volontiers : un Dadelsen, un Segalen, un Michaux, un Giono. Mais il ne se limite pas au champ littéraire proprement dit, puisqu'un récit de voyage, un témoignage, un reportage, une chronique historique peuvent l'inspirer tout autant. Plus on avance dans ce florilège, plus on s'aperçoit que Tordeur se laisse porter par un enthousiasme qui agit comme un transmetteur d'énergie. Sa moisson d'informations et d'émotions se vit dans la ferveur. Une ferveur communicative, qui gagne à s'éprouver ainsi, non pas au fil de livraisons hebdomadaires, mais de l'accumulation que permet le rassemblement anthologique.

Cela fait de ce recueil qui ne reprend qu'une part de sa production une sorte de journal de bord, de logbook de lectures au long cours, ne s'intéressant qu'à ce qui a quelque chance de surnager après le ressac des modes et des engouements passagers. Tordeur discerne, dans le brouhaha éditorial, les ondes qui viennent de loin, il les capte et les transcrit en marconiste aguerri à qui rien d'essentiel n'échappe. Du coup, ses recensions résistent sans peine au temps et semblent plus pertinentes encore la durée aidant. Preuve qu'elles avaient une autre vocation que d'être, selon l'expression de son autre ami Roger Bodart, «un peu d'encre que boit la page du journal».

Lire un extrait

Contre l'oubli : Dadelsen

Vingtième anniversaire, ce mois de juin, de la mort, à quarante-sept ans, d'une opération au cerveau, de Jean-Paul de Dadelsen et, réduite à un seul livre : Jonas (Éditions Gallimard), une œuvre quasiment introuvable, presque jamais citée ou commentée à Paris.

Comme si ces poèmes, dont il ne révéla que si tard dans sa brève vie l'existence à ses mais surpris, avaient été voués, dans leur savoureuse liberté, dans leur impertinente gravité hors de toute école et de tout patronage, à n'exister que pour ceux qui auraient la chance de les découvrir.

Dans ce regrettable silence parisien — à qui ce séducteur naturel a-t-il jamais cherché à plaire? — un signe cependant…

Miracle de l'amitié? Hasard de l'édition?

Celui que se battit pour la publication de Jonas et en rassembla les textes, Henri Thomas, le mémorable romancier de La Nuit de Londres, le nouvelliste vertigineux des Tours de Notre-Dame, l'admirable traducteur de Jünger et de tant d'autres, ajoute à son œuvre poétique, elle aussi en marge du courant, un nouveau recueil dont le titre dit bien l'entre-deux de la vie et de la mort dont il se situe : Joueur surpris (Éditions Gallimard), qu'il dédie notamment au souvenir de celui qui fut son ami…

Mémoire qui, à elle seule, rédime l'oubli généralisé d'une des voix les plus originales et les plus nues de la poésie française.

Attachons-nous donc à ce témoignage pour harceler ceux de nos amis qui posséderaient Jonas, empruntons-le-leur!

Il n'est jamais trop tard pour découvrir la poésie de cet Alsacien, produit si typique, jusque dans ses ascendants hambourgeois et slaves, d'une terre médiane, qui fut parachutistes dans les Forces françaises libres, qui signait une correspondance de Londres dans le Combat de Camus et animait là-bas une émission de la B.B.C., l'une et l'autre étincelantes, qui fut, dans le secret de l'Europe naissante, le conseiller de Jean Monnet, le familier de Rougemont.

Découvrons ou relisons l'ample et serein «Bach en automne », l bouleversant monologue de Jonas jeté dans le ventre de la baleine qu'est la vie «en fin de compte superflue mais indispensable», le merveilleux, ironique, débonnaire et désespérée «Oncle Jean», les cinq étapes nostalgiques de «Femmes de la plaine».

Et cette terrible interrogation de «Pâques 57», où Dadelsen appréhende le mal qui va l'emporter.

Alors, nous découvrons, en même temps qu'un poète qui mêle à son gré le journalier et l'épique, un sentiment intense du religieux et une robuste indépendance à son égard, l'émotion dans sa pureté et l'humour dans son jaillissement, brouillant ses pistes à mesure qu'il les révèle, toujours en quête d'un «nouveau travail» sur sa condition d'homme, non pas seulement un écrivain mais celui que tout être qui écrit devrait incarner fût-ce une seule fois dans son œuvre : un compagnon de marche dans l'incompréhensible aventure d'exister. Dadelsen, lui, l'est à tout instant.

Table des matières

Préface

Kanters, le critique
Aux origines de la Chine d'ajourd'hui
Greene et lui-même
Jules Supervielle : la température humaine
Verhaeren lu par Gevers : contre l'oubli
Du neuf… sur le Purgatoire
L'hôte du Cormier et ses invités
Bouleversant Michaux
René Daumal : la soif de l'être
Claudel aux States
Victor Misrahi : l'instant accordé
À la mémoire des «pieds poudreux»
Une cure de Chesterton
Contre l'oubli : Dadelsen
Un Giono inconnu
Christine de Pisan, femme, poète, témoin
L'ironie déchirée de Barnabooth
Stendhal : un espalier dans le Midi…
Brillat-Savarin le délectable
Au plaisir de Paul Morand
Éliade : des fenêtres vers d'autres mondes
Lacarrière : les mythes sont signifiants
Corbière, l'intraitable
Plaisir à Fargue
Roland Mortier : «Vous avez dit originalité?»
Gaston Compère et la parole perdue : un grand poème
Bertin, Mertens : l'homme en défaut
Bosquet : un apprentissage de la liberté
Liliane Wouters ou le droit de «chanter en solo»
Cingria ou la vertu d'étonnement
Morand et Venise : noir sur fond doré
Chère Marceline…
«Boschère l'Admirable»
Taha Hussein, l'aveugle clairvoyant
Grands Nordiques d'hier
Cendrars dans sa vérité
Retz, ce vif-argent
Bosquet : hier, aujourd'hui, après
Moreau : ce que veut dire «incandescence»
Emily Dickinson : le talent de vivre
Duby aux sources du Moyen Âge
Yourcenar : «ce chaud morceau de l'âme»
Torga, témoin de lui-même et du Portugal
Il y eut quelqu'un pour souffler sur le feu…
Madeleine Bourdouxhe, un écrivain neuf
Norge, le luxe de l'âme
Michaux : rien à demi
Les Enfers du Nord
Paul-Jean Toulet rédécouvert enfin?
Lumières nouvelles sur Segalen
Le Bernanos qui nous manquait
Rivière, critique précurseur
Huysmans : «Mon cher Hannon»
Paulhan secret et familier
Marcel Thiry et l'obsession du temps
Le maître livre sur Segalen
Découvrir — enfin — Dadelsen
Un événement : toute la poésie d'Henry Bauchau
Les choses vraiment vues par Hugo
Madame Rimbaud dans son obscure lumière
Ayguesparse : l'exploit du vivant
Pierre-Jean Jouve aurait cent ans
L'ultime message de Yourcenar
Souffrance et mémoire de l'Indien
Barès cesserait-il de s'éloigner?
Catherine Pozzi dévoilée par elle-même
Elskamp heureux et déchirant
Chamfort à découvert
Bosquet-Wouters au vif du sujet
Réda ou les vrais enjeux de la promenade
Enfin une grande biographie de Rousseau!
Saint Augustin contemporain
Philippe Lekeuche poète nouveau
Dans le vertige de Pirandello
Eliot : rien de neuf sans le passé
L'Évangile selon Alexandre
Le bruit d'un temps qui dure encore
La voix inoubliable d'Etty Hillesum
Les confessions salubres de David Scheinert
Umberto Saba : le pain quotidien
Philippe Berthelot : le pouvoir et la poésie
(Re-)découvrir Salvatore Satta
Graham Greene tel qu'en lui-même
Jean Giono du pacifisme au hussard